Psychosomatique ou somatopsychique ?

Paule Mongeau, M. Ps., psychologue

Prenant une longueur d’avance sur la médecine des années ’70 qui croyait parfois, bien à tort, que la fibromyalgie était une maladie imaginaire, Le Dr Gaétan Brouillard a soigné, comme il l’écrit, du mieux qu’il le pouvait alors, les personnes qui se plaignaient de maux divers et dont les symptômes variés résistaient à la médication classique.

Il désignait en 2015[1] la fibromyalgie comme une maladie psychosomatique, pour évoquer en 2017[2] que de nombreuses recherches penchaient parfois vers un dysfonctionnement hormonal, parfois immunologique, parfois intestinal, d’autres fois mettaient en cause les fibres nerveuses ou encore des déficiences de neurotransmetteurs. Mais toujours la médecine demeure sans réponse quant à une cure finale.

Quel est le problème ?

Pire, elle met un an et plus souvent deux ans jusqu’à 20 ans avant de poser un diagnostic, selon un sondage que nous avons passé auprès de centaines de personnes l’an dernier. Ces personnes avaient dû consulter entre 5 et 16 médecins et spécialistes avant d’obtenir un verdict final : fibromyalgie.

Si les systèmes corporels sont affectés, sont-ils causés par un problème physique ou une tension psychologique ? Le débalancement physique d’un organe ou d’une molécule cause-il des dysfonctionnements dans les fonctions qui devraient normalement réguler la vie : l’humeur, le sommeil, la digestion, l’activité ? Ou un choc important a-t-il pu être à l’origine d’un stress aigu qui ne va qu’en se chronicisant si l’on ne voit pas à le calmer ?

Psychosomatique ou somatopsychique ?

Cette question, la médecine la pose depuis plus de 200 ans, bien avant la création de la psychiatrie. C’est d’ailleurs une médecin américaine, Dr Helen Flanders Dunbar, née en 1902, qui devient la première éditrice de la prestigieuse revue Psychosomatic Medecine, encore publiée aujourd’hui.

Généralement, on s’entend pour parler de l’interconnectivité du corps et de l’esprit. Très peu de maladies sont reconnues comme étant uniquement d’origine physiologique, plus probablement génétique. Puis dans les dernières décennies, la science épigénétique a ouvert de nouveaux horizons en pointant de façon scientifique l’influence de l’environnement sur l’état de santé globale.

Des facteurs globaux

Ainsi doit-on considérer les nombreux facteurs qui ont le pouvoir de déclencher un dysfonctionnement des systèmes corporels. À partir même de l’état fœtal, selon le neuropsychiatre Boris Cyrulnik qui parle dans ses livres de l’effet du stress de la mère sur le développement de son fœtus… lequel heureusement peut rattraper son retard si on y voit très tôt.

Mais qu’en est-il de tous ces enfants auxquels on n’a pas prêté attention à leurs bobos émotionnels autant que corporels ? Les tensions se sont maintenues, et une armure s’est composée en hypervigilance et en hyperactivité, limitant ainsi la capacité de repos, de détente… et de récupération de son énergie vitale.

Psychosomatique ne signifie pas que le mal est imaginaire. Il pointe simplement l’alliance entre l’émotion et sa réaction corporelle. Une réaction qui perdure, comme un gage de survie dans des conditions difficiles. Une réaction qui ressurgit lors de coups durs qu’on rencontre inévitablement au cours de sa vie. Rares sont les gens épargnés, mais tous ne sont pas désarmés, tous ne se sentent pas vulnérables et anxieux face aux défis.

Les outils complémentaires

Cela ne concerne pas toutes les formes de fibromyalgie, non. Ainsi certaines sont plus simples à régler par une modification de leurs conditions environnementales.

Mais pour toutes ces personnes qui supportent encore l’impact des émotions non assouvies d’un très jeune âge, impactant encore toutes ces fonctions corporelles, ne serait-il pas sage et bien pensé de ne pas attendre la pilule miracle et de procéder à soulager le cœur émotionnel autant que les muscles, les intestins et les nerfs ?

Devenir autonome dans votre démarche

Cette question, je vous la pose, car si vous ne connaissez pas l’origine probable du déclenchement du malaise, comment allez-vous renverser le cumul de tensions qui se chronicisent au fil des années ?

Tout en sachant bien que les soins psychologiques ne sont ni à la portée de tous ni en nombre suffisant pour répondre aux besoins du grand nombre, je vous souhaite de trouver l’aide nécessaire pour soulager votre être du passé de façon à mieux apprécier le présent quotidien.

Cela débute simplement par une prise de conscience… « Mais qu’est-ce qui a pu me précipiter dans un pareil état émotif et qui me perturberait encore aujourd’hui ? » « Qu’est-ce que je ne voudrais surtout pas que ce soit ? » Vous connaissez certainement quelqu’un dans votre entourage à qui en parler. Puis, dessinez, écrivez, évaluez l’importance de cet événement sur votre santé. De nombreux outils complémentaires à ceux que tente d’offrir la médecine sont à votre portée. À vous de jouer !

 

[1] Brouillard, G. (2015). La santé repensée. Éditions de l’Homme.

[2] Brouillard, G. (2017). La douleur repensée. Éditions de l’Homme.

Autres textes :

  • Juillet 2021    Peut-on guérir de la fibromyalgie ?

  • Janvier 2021   Ce n'est pas de ma faute

Foire aux questions

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